LE PARADIS:
CHRISTOPH : Je ne crois pas qu'il existe.
PAUL : Quelques gens en Allemagne pensaient que l'Est était le paradis. Ils ne pensent plus comme ça.
TILL : (…)
RICHARD : Le paradis,c'est la famille.
LE PAPE
OLIVER : Je n'y suis pas intéressé.
CHRISTOPH : Pas utile.
PAUL : Rien à faire.
LES VACANCES
RICHARD : Je n'en ai pas eu cette année.
CHRISTOPH : Obligatoire.
OLIVER : Actuellement j'en ai tout le temps.
PAUL : Trop courtes.
LE CHÔMAGE
CHRISTOPH : Maladie incurable.
RICHARD : Pendant cinq ans.
TILL : Déjà allé.
LE RESPECT
RICHARD : On devrait avoir du respect pour tout le monde.
PAUL : On le perd avec le temps.
OLIVER : C'est une bonne chose.
TILL : Nécessaire.
LA CONFIANCE
OLIVER : Quelquefois elle fait bouger des montagnes.
PAUL : On la gagne avec le temps.
CHRISTOPH : Je pense que c'est une chose très importante.
TILL : Pas important.
LA PEINE CAPITALE
CHRISTOPH : Pas nécessaire.
RICHARD : Si quelqu'un violait mon enfant, je dirais " oui ", mais si je ne suis pas particulièrement affecté, la réponse est " non ".
OLIVER : Je suis contre la peine capitale.
PAUL : Je ne pense pas que ce soit bon.
L'ESPOIR
TILL : Sans lui, il n'y a rien.
CHRISTOPH : Si un homme n'a pas d'espoir, il ne peut pas faire grand-chose.
RICHARD : Crucial. Tous les jours, tous les matins.
L'OPÉRA
CHRISTOPH : Quand j'aurai 40 ans, j'irai à l'opéra.
PAUL : J'irais avec plaisir.
TILL : Oh mon Dieu, l'opéra? Bien, il y en a pas mal de bons, d'autres pas mal emmerdants.
DOMINATION (des femmes)
OLIVER : Domination…et pourquoi pas?
CHRISTOPH : Ce n'est pas mon genre.
TILL : Ce n'est pas bien.
PAUL : Ce n'est pas mon cas.
HELMUT KOHL
PAUL : Rien à foutre.
CHRISTOPH : Une figure très intéressante.
OLIVER : Caricature très plaisante.
LA FIDÉLITÉ
RICHARD : Un monde merveilleux…un monde merveilleux! J'aimerais l'avoir.
OLIVER : C'est important
CHRISTOPH : La fidélité… j'en suis impressionné.
PAUL : Oui et non.
La forge du son
Les membres de Rammstein sont très stricts à propos de leur son métallique. La structure du son aigu des riffs de guitare électrique compte pour eux. Non seulement la forme d'une chanson est basée sur un modèle spécifique, mais la fabrication d'une pièce a aussi une procédure spécifique.
TILL : Habituellement, la musique est déjà bien préparée. Quand j'ai eu la cassette de demo , je l'ai écoutée à la maison et j'ai essayé de trouver des paroles convenables, de " mettre les mots sur la musique ".
PAUL : Nous commençons avec des paroles basées sur un riff. Riff aigu - paroles aiguës, riff doux - paroles douces.
Till a eu une idée pour une chanson. Nous nous sommes assis et nous lui avons donné quelques suggestions. S'il y a un mot, comme par exemple " table ", qui reviens trop souvent dans le texte, je lui dis : " Ne l'écris plus! De toute façon, " table " ne va pas avec tout, remplace-le par quelque chose d'autre.
TILL : Puis nous sommes allés à la salle de répétition et nous y avons tous beaucoup travaillé. Nous essayons, nous le faisons sonner de gauche à droite, puis je rentre en scène et j'essaye d'y changer quelque chose. C'est une sorte de " production initiale ". C'est, en fait, un procédé interminable.
Les membres de Rammstein ne se considèrent pas comme un groupe avec chanteur ou un soliste avec le groupe. Quelquefois des phénomènes décisifs surviennent de façon très dure, mais, de toute façon, ils surviennent de façon démocratique
PAUL : Nous avons différentes opinions sur un sujet dans le groupe. Il y en a toujours un ou deux qui votent " non ". Si nous mixons - nous le faisons tous les six. Nous nous asseyons et nous écoutons. C'est un peu difficile. Le spécialiste du mixage est prêt, alors nous entrons, nous écoutons et nous notons des suggestions. Puis nous sortons, nous fermons la porte et nous disons, par exemple : " Je n'aime pas la séquence de solo de guitare ici ou là ", " Cette partie est trop tranquille ", " Je voudrais enlever le clavier à cette endroit ". Nous disons tout, nous retournons en salle de répétition, nous jouons et nous réenregistrons. En gros, c'est un procédé qui prend beaucoup de temps, parce qu'avant de faire une chanson, nous devons tout écouter encore et encore et nous corriger nous-mêmes.
Danger de dépendance
Le premier disque de Rammstein se vendait déjà de façon sensationnelle. " Herzeleid " (" Maux de cœur ") a été numéro un cinq fois en dix-huit mois. Le deuxième " Sehnsucht " (" Désir ardent"), sorti à l'automne 1997, a aussi obtenu un grand succès. Il a servi de mélange testé.
CHRISTOPH : À un certain moment nous avons pensé : " Nous devrions enregistrer le deuxième album après ce grand succès de " Herzeleid ". C'était vraiment difficile bien que dans d'autres groupes il y avait des gens qui disaient : Faites le toujours comme ça ". Il y avait aussi des gens qui voulaient que le groupe se développe. En fait, on ne pouvait pas satisfaire tout le monde. Nous avons simplement décidé d'utiliser ce que nous avions. Pour moi, il y a deux voies pour le développement de notre musique. Premièrement, la musique est devenue plus sensible, plus tendre, plus délicate. Elle n'est pas aussi folle, furieuse que sur le premier album. J'aime aussi le fait que Till ai commencé à chanter, il ne fait pas que parler.
La première fois…
PREMIER DISQUE
PAUL : Je n'en ai pas. Je n'achète pas de disques, je les fait.
OLIVER : (...)
RICHARD : Dead Kennedy's.
TILL : "Stormbringer" de Deep Purple.
PREMIER ARGENT
OLIVER : Je l'ai gagné en apprenant ma profession.
RICHARD : Je l'ai gagné dans l'achat de bouteilles de vin revendues en fraude…
TILL : Je l'ai gagné en faisant du tourbage durant les vacances d'été. Malheureusement, j'ai été mis à la porte après trois jours.
PREMIER STIMULANT
PAUL : C'était dur et agréable. J'ai eu beaucoup de plaisir.
OLIVER : De la bière, en classe de 10e.
TILL : Mon père m'a versé quelque chose quand j'avais 9 ans. Je lui ai demandé si j'étais supposé de le boire et il était d'accord. C'était pas si mal.
PREMIÈRE RELATION SEXUELLE
PAUL : C'était vraiment bon.
OLIVER : J'avais 18 ans.
RICHARD : Très tôt. J'avais 13 ans.
TILL : J'avais 16 ans. C'était sur une balle de foin.
PREMIER CONCERT
PAUL : J'avais tellement bu que je ne m'en rappelle plus.
RICHARD : Le premier concert que j'ai vraiment apprécié était Motorhead.
TILL : C'était un festival à Berlin. Je ne me rappelle plus du reste.
La guerre avec les médias
Les journalistes trouvent des points négatifs et positifs dans les paroles des chansons de Rammstein. Une échelle qui varie de la terreur jusqu'à la fascination.
FLAKE : C'est intéressant de voir autant de gens se poser des questions à notre sujet. Il y a des parties dans nos paroles qui n'ont jamais posé problème pour nous. Pendant ce temps ils discutent et analysent. On ne s'attendait pas à ce qu'autant de choses se passent. En ce qui concerne la pochette de notre premier album, la photo n'était pas très bonne. Cependant, nous avons décidé de la mettre sur la pochette. Nous avons lu plus tard que nous agissions comme "Herrenmenschen" - " la race dominante".
TILL : En fait, au début, nous ne savions pas comment faire une pochette d'album.
PAUL : Si les journalistes veulent nous coller une étiquette de nationalistes maintenant, c'est simplement insensé. Nous ne sommes pas juste des Allemands typiques - pas l'un d'entre nous. Nous n'aimons pas particulièrement le football, nous ne sommes pas des fans de notre pays non plus.
RICHARD : Je crains que les journalistes n'utilisent Rammstein pour augmenter la vente de leurs journaux. C'est de cela dont j'ai peur.
OLIVER : L'auditeur comprend les mêmes chose que le journaliste, mais le problème est que le journaliste, lui, l'écrit.
FLAKE : La presse nous surprend constamment avec leurs inventions.
D'un coté les membres de Rammstein se défendent eux-mêmes contre les spéculations et ceux qui les interprètent mal, mais d'un autre coté ils n'en font pas plus qu'il ne faut pour remettre en ordre les malentendus.
FLAKE : Nos parole ne peuvent pratiquement pas être mal interprétées. Elles sont bien normales, romantiques. Tous les jeunes de 16 ans ont déjà vu pire à la télévision, qu'ils ne sont pas des " orphelins menacés ". Vous n'avez qu'à regarder " Taff " sur PRO7 - on peut y voir toutes les ordures de ce monde, là c'est de la brutalité.
TILL : Tout le monde releve les points faibles avec les " thèmes tabous ". Actuellement sur un album il y en a seulement deux ou trois, quatre maximum. Tout le reste,ce sont des chansons d'amour, comme par exemple " Seemann " (" Le marin ") : c'est un texte complètement différent, quelque chose comme " une rivière dans l'esprit ". J'essaie de créer une " déclaration vive " en utilisant des allégories, en écrivant de façon " fleurie ". Tout comme les succès des années '60 - comme " Je vais rester avec toi ce soir ". Dans ce cas tout le monde sait ce que ça veut dire. Ça signifie qu'il va rester avec elle, mais on sait pourquoi.
CHRISTOPH : Je m'identifie avec ces paroles. Je crois qu'elles sont très bonnes. Elles sont, en gros, un peu extrêmes, mais ce que j'aime c'est qu'elles ont toujours un " double-sens ", elles n'ont jamais qu'une facette.
Chansons d'amour légèrement déguisées
Malgré l'érotisme agressif, les paroles de Till sont caractérisée par la sensibilité.
TILL : Toutes ces paroles tournent autour d'une chose - l'amour. L'amour dans toutes les variantes possibles : les côtés pervers, bon et mauvais. Tout est autour d'une chose de base - l'amour. En réalité, les femmes l'aiment quand les hommes leur démontrent, quand ils leurs courent après. En fait, en ce qui concerne les oiseaux, les mâles ont un plus beau plumage que les femelles. L'homme prend soin de la femme, se fait valoir auprès d'elle, ils se battent constamment l'un l'autre. Une femme est une sorte de femelle, l'homme lui court après et c'est la chose la plus évidente au monde. Ce sont les beaux instincts qui marchent - quelque chose te saisit au matin, demain, après-demain, et tu n'y peux rien, ça ne fait qu'arriver. Ça détermine ta vie, par exemple pour 10 ans, et on ne peut pas briser ce cercle. C'est comme être haut et bas, en avant et en arrière, ça combine la douleur et l'enchantement, etc. - c'est ça être en amour. Ça domine la vie d'un homme, ça ne finit jamais. Tu essaies de le combattre, de la changer, mais après quelque temps, par exemple cinq ans, tu t'assis et tu pense, en gros, que ce n'était pas si mal.
Rattraper le pas
Durant trois ans, en remerciement de leur travail intense, Rammstein s'est lancé au premier rang de la scène du rock allemand. Comme quelques-uns d'entre eux ont déjà pris racine, ont une famille, des enfants, ils ont commencé à vivre un peu " supérieurs aux autres " et ça a causé un peu de pagaille dans le groupe.
RICHARD : Tu ne ressens pas le succès, les autres personnes te le font ressentir. Tu ne fais que commencer et les gens ne te traitent plus comme avant. Ce qu'on devrait faire dans ces situations, c'est se retirer pour un bout de temps. Par exemple, pour ce qui en va de ma fille, j'essaie de la garder à distance de tout ça. Je ne parle pas de Rammstein avec elle. Je ne lui dis pas ô combien le monde est excellent. Je la laisse se débrouiller.
CHRISTOPH : C'est une sorte de vie en équipe. Nous vivons beaucoup en équipe. Nous passons beaucoup de temps ensemble, nous sommes des amis, actuellement nous avons à nous entendre tous les jours.
PAUL : Un groupe c'est comme un mariage de six personnes. Nous apprenons à vivre ensemble dans la signification de la coexistence. Nous apprenons comment lutter sans affecter le groupe.
CHRISTOPH : Nous comprenons très bien chacun des autres et nous vivons aussi une vie privée. Par exemple j'ai une compagne qui n'a rien à voir avec la musique et je suis content d'avoir un genre " d'autre monde " à la maison.
Ce qu'ils aiment et ce q'ils détestent
CE QU'ILS AIMENT…
TILL: Ma fille.
RICHARD : Les enfants.
PAUL : Tout.
RICHARD : Écrire des chansons.
TILL : Chris Isaak et le lait.
PAUL : Du café avec du lait mélangé avec du cappuccino. La café avec du lait est parfois trop doux et le cappuccino parfois trop fort.
CE QU'ILS DÉTESTENT…
TILL: Être malade.
PAUL : Quand quelque chose est incorrect.
RICHARD : L'injustice.
Affranchissement
Le succès rapide et inattendu a surpris Rammstein, en ce qui concerne leurs " clips ".
PAUL : En général nous prenons soin du contrôle de la qualité nous-mêmes. Cependant, en ce qui concerne " Du riechst so gut " (" Tu sens si bon "), nous avons engagé des professionnels. Dans le cas de notre deuxième vidéo, " Seemann " (" Le marin "), nous y avons porter moins attention.
FLAKE : Plus tard, nous avons prisdes parties du film " Lost Highway " de David Lynch et nous les avons mises ensemble. Tout en planifiant notre premiere vidéo, nous avons envoyé les bandes à différent réalisateurs, incluant David Lynch. Quand il conduisait pour se rendre au plateau de tournage de son film, il l'a accidentellement écoutée dans sa voiture, puis il l'a utilisée dans son film, bien qu'il ne l'avait pas planifié précédemment.
PAUL : Tout en faisant notre troisième vidéo, " Engel " ( L'ange ), nous avons pris soin de tout nous-mêmes. Ce vidéo a été inspiré par le travail de Quentin Tarantino (" From Dusk Till Dawn " et " Reservoir Dogs ").
FLAKE : Nous sommes tous des fans de Tarantino.
CHRISTOPH : Dans le cas de " Du hast " (" You have " (" Tu as ")), vous pouviez actuellement prendre ce que vous vouliez, car le texte est simple. Cependant, il y a une sorte de mystère dans ce jeu de mots. (qui peut être compris seulement en Allemand, désolé pour les autres!)(cfr nos F.A.Q ! ! !)
Références
Si on veut qualifier la musique de Rammstein de quelle façon que ce soit, une comparaison vient à l'esprit - le petit groupe slovène " Laibach ". Contrairement à Rammstein, Laibach, qui est une partie du mouvement artistique appelé " nouvel art slovène ", se présente " par en face ", dans un contexte ironique.
FLAKE : Ces comparaisons et similitudes peuvent être basées sur une chose : les chanteurs ont des voix semblables, profondes. Mais c'est tout.
RICHARD : Pour moi Laibach est très intellectuel, tandis que Rammstein est plus émotionnel. Je n'en ferais pas plus avec cet intellectualisme qu'utilise Laibach. Je ne m'y retrouverais pas. Il y a certains groupes qui " me branchent ". Un ce ces derniers est Depeche Mode.
FLAKE : Je pense que " Die Artze " (" Les Docteurs ") sont bons, parce qu'ils sont gentils et intelligents.
RICHARD : Dans le cas de gens comme David Bowie, il y a une chose qui me fascine : durant 20 ans, il a toujours été capable de donner à ses chansons un son nouveau, opportun.
Se mettre sous les voiles
Après d'innombrables concerts et performances partout en Europe, les membres de Rammstein aimeraient couronner l'histoire sans précédent de leur succès. " Plus loin vers de nouveaux horizons ", c'est la devise.
FLAKE : Nous aimerions aller en Amérique et y faire une tournée. Nous ne voulons pas nous limiter à l'Allemagne.
TILL : Nous étions en tournée avec KMFDM en décembre. Nous sommes allés à New York et nous y avons joué trois fois. Nous voulions juste voir comment les gens réagiraient.
Rammstein a pris d'assaut la ville de New York. Malheureusement, les Américains ne peuvent en faire plus avec les paroles en allemand et les musiciens aurons probablement à traduire leurs chansons en anglais aux États-Unis.
RICHARD : En regardant aller la musique, l'anglais n'est pas une sorte de problème pour moi. Nous devons seulement toucher la bonne forme. La chose la plus importante pour ce groupe est de rester ensemble. Seule cette configuration de Rammstein existe pour moi. Si quelqu'un quitte le groupe, ce sera la fin de Rammstein. Ce groupe doit rester comme il est - c'est le plus important